34 : Stars – Orion and Anatoly

   Assis sur un divan de la terrasse extérieure du château, Orion lançait un regard triste au ciel d’un noir d’encre. Pas une étoile en vue. Pas une lune. Il soupira. Quand il se sentait seul, il aimait sortir dehors pour poser ses yeux vers l’immensité de l’espace et admirer les étoiles qui parsemaient le rideau obscur de la nuit. Mais ce soir il n’y avait rien pour lui tenir compagnie.
   Enfin, plus ou moins.
   Il gronda intérieurement. Il n’allait tout de même pas céder aussi facilement ? Il admettait qu’il se sentait esseulé depuis qu’il était séparé de sa chère liante, cependant ce n’était pas une raison pour aller se jeter dans les bras d’un godelureau tel que le comte von Nollendorf, non ?
   Pourtant… il arrivait des moments où le Draco sideris n’en pouvait plus de cette solitude. De par sa nature, il devait être aux côtés de quelqu’un. Les dragons comme lui ne supportaient pas de vivre isolé.
   C’est la raison pour laquelle Orion se leva, après avoir râlé de la meilleure manière qui soit pour exprimer le fait que cela l’agaçait quand même beaucoup. Tout en déambulant dans le grand salon, il se persuada que non, ce n’était pas pour se faire dorloter qu’il allait le retrouver, mais bien parce qu’il voulait seulement un peu de compagnie.
   Orion posa sa main sur la poignée de la porte et hésita. Il se prit le visage d’une main, se sentant rougir à la vue des images défilant dans sa tête. S’il allait le voir maintenant dans l’état où il se trouvait, il était certain que le comte se ferait une joie d’essayer de l’attraper dans ses filets. Et il ne savait pas si lui-même résisterait…
   Cependant, n’es-ce pas lui qui allait directement le voir ? Il ne s’était même pas aperçu qu’il avait traversé plusieurs couloirs et faisait déjà face au bureau privé de son ami. Résigné, il frappa doucement, espérant presque que le comte n’entendrait pas. Mais c’était sans compter sur l’ouïe fine de ce dernier.
   La porte bien huilée n’émit aucun grincement embarrassant lorsqu’elle s’ouvrit pour laisser place au grand blond à veste rouge, arborant un sourire qui s’élargit à la vue de son visiteur tardif. Orion ne put que déglutir avec difficulté.
   - Et bien mon cher lord, susurra Anatoly, qu’est-ce qui t’amène à une heure aussi avancée ?
   Le dragon n’arrivait toujours pas à sortir un mot, trop gêné d’avouer à ce vampire déluré qu’il se sentait seul. D’ailleurs, l’intéressé porta un regard aguicheur sur Orion et se rapprocha à quelques centimètres de celui-ci, toujours satisfait de l’embarrasser avec si peu de choses.
   Orion se racla la gorge, les joues en feu.
   - Il n’y a pas d’étoiles ce soir, marmonna le dragon avec une certaine difficulté pour articuler.
   Un éclair de compassion traversa les iris dorés du vampire. Pas besoin de plus d’explications pour comprendre ce qui tarabustait son vieil ami. Il joua un peu avec la cravate en soie du dragon.
   - Pourtant, moi j’en vois une, assura Anatoly en fixant Orion d’un air enjôleur. Et il me serait aise de la faire briller de mille feux.
   Et voilà. Le dragon en était certain ; ce fichu libertin jouait de ses charmes et de ses belles paroles pour tenter de l’emberlificoter dans sa toile. Le soucis pour Orion, c’est qu’en cette soirée, cela fonctionnait plutôt bien. Ses joues étaient plus rouges que des coquelicots tandis qu’il dardait ses yeux de braises embarrassés sur le dandy, qui ne perdit pas de temps et l’entraîna à l’intérieur de son bureau en refermant discrètement la porte derrière eux. Trop tendu pour oser quoique ce soit, il attendit avec appréhension les intentions du comte. Ce dernier ne se fit d’ailleurs pas prier et sur un rire cristallin, il lança une poignée de paillettes dorées sur le dragon.
   Stupéfait et proprement offusqué par l’attitude désinvolte du vampire qui se bidonnait, écroulé sur son bureau en bois massif, Orion tourna les talons en grondant sourdement. Dire qu’il lui avait fallu rassembler tout son courage pour outrepasser sa timidité maladive, afin d’obtenir une simple blague! S’il n’était pas aussi honteux, il se serait senti floué par ce désintérêt de la part d’Anatoly.
   Il s’apprêtait à sortir lorsqu’une main posée sur son épaule le retint. Il souffla lassé et revint au comte qui lui adressait un mince sourire empli d’excuses.
   - Je voulais juste que tu rigoles avec moi, exposa Anatoly très peiné, tu parais si sombre parfois.
   Toute rancœur s’échappa de l’esprit du dragon. Il s’en voulait un peu d’avoir pris la mouche, alors que son ami faisait tout pour simplement lui redonner le sourire. Il lâcha le bouton de la porte et fit face au comte. Il ne savait ni quoi penser, ni ce dont il avait vraiment envie.
   Comprenant parfaitement le doute qui assaillait le lord, le vampire se rapprocha de lui et passa subrepticement une main dans son dos, tandis que l’autre éteignait la seule lampe qui éclairait la pièce. Ils se retrouvèrent alors dans une profonde obscurité où seule la lueur ténue de la nuit leur permettait de distinguer vaguement les traits de chacun.
   - Je veux que cette pièce ne soit illuminée que par ta présence, susurra amoureusement Anatoly, alors qu’il se lovait tout contre le dragon.
   Son sang s’échauffa lorsqu’il comprit qu’il était désormais entre les mains expertes du comte… te qu’il ne pouvait plus s’en échapper. De toute manière, au contact des fines lèvres sucrées de celui-ci sur les siennes, il n’en eut plus guère envie. Orion avait tant de difficultés à se rapprocher physiquement des gens, à se laisser aller à un peu de tendresse ; pourtant avec Anatoly tout semblait plus simple une fois qu’il était entré dans la danse. C’en devenait naturel. A tel point qu’il fit tout pour prolonger ce baiser suave, osant même une caresse sur la pommette marquée du comte.
   - Ce soir, tu es mon étoile, lord Orion.
   Le Draco sideris émit un sourire satisfait ; étrangement, il espéra que son ami l’eut aperçu dans cette nuit obscure… qui prenait de temps en temps des teintes dorées. Il rigola intérieurement, se disant que cette poussière avait finalement eu l’effet escompté : celle de le faire briller tel un soleil, mais surtout de le faire rire.

Reblogged from tsukopathe  4 notes

Scanner ressuscitééééé !

tsukopathe:

J’ai sans doute réellement fait un encrage par jour, mais dans quel ordre, je m’e souviens plus… donc c’est un non-inktober !

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Petit détail de la tiare en oreilles… ^^ pas si chou que ça !

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Tapage de délire avec Mlle Jeanne mangatisée et fantomettisée…

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Un it’s my life d’une séance de calinous avec Myrtille qui a finie en roller coaster…

Dat style, dat art, dat skill! T_____T